L'actualité en phase avec la mémoire de Lyautey

Textes présentés du plus récent au plus ancien

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Présence de Lyautey dans l'actualité

 

 

Lundi 24 août 2009

 

"C'est beau et simple comme du Lyautey, mais ça marche"

 

Extrait du reportage en Afghanistan de Renaud Girard, envoyé spécial du Figaro au fort militaire de Tora dans la région où dix soldats français ont été tués dans une embuscade

il y a un an.

 

« Praticien renommé de la guerre asymétrique, le patron de Dragon, le colonel Durieux, chef de corps du 2e REI, nous expose sa stratégie, articulée en trois phases :  “Capitaliser sur les zones déjà stables ; créer peu à peu de nouveaux îlots de stabilité ; assurer les trois pôles de l'aide à la sécurité, au développement, et à la gouvernance.”

La sécurité ? "Il faut montrer sa force, pour ne pas avoir à l'utiliser.» Le développement ? " Des promesses limitées, mais toujours strictement tenues." La gouvernance ?  "Soutenir les institutions étatiques locales, tout en préservant les structures de concertation traditionnelles (maliks et chouras des anciens)" . C'est beau et simple comme du Lyautey, mais ça marche. »

 

 

Jeudi 20 août 2009

En Afghanistan: le général McChrystal fait référence à Lyautey

dans un entretien avec le député Thierry Mariani

Le général Stanley McChrystal, commandant américain des 100.000 soldats étrangers en Afghanistan, s'est référé au modèle de "pacification" du maréchal français Hubert Lyautey, pour la nouvelle stratégie en Afghanistan, a affirmé jeudi le député du Vaucluse Thierry Mariani, représentant spécial français en Afghanistan,

"Il y a un changement de stratégie au niveau militaire" de la nouvelle administration américaine de Barack Obama, s'est félicité M. Mariani qui était interrogé depuis Kaboul par téléphone par l'AFP.

Lors d'une rencontre mardi avec le général McChrystal, "j'ai entendu le général citer Lyautey sur le thème de la conquête des coeurs, du développement du pays, de la protection des Afghans", a-t-il dit.

Le maréchal de France Lyautey (1854-1934) avait témoigné d'idées novatrices lors de ses séjours dans les colonies, principalement au Maroc, en matière de "pacification", prônant le respect des droits des populations locales ainsi que de la religion et de la culture musulmane.

"J'ai entendu, a déclaré le responsable français, un général américain m'expliquer que ce qui comptait aujourd'hui pour lui dans sa stratégie, ce n'était pas de tuer le plus possible de talibans, c'était de sécuriser un maximum de territoires et d'Afghans quitte à repousser les talibans plus loin. Et à sécuriser (...) les territoires repris pour faire en sorte que les habitants puissent y vivre en paix (...) J'ai entendu un général américain me dire que tout ce qui était dégâts civils, c'était désormais inenvisageable, parce que chaque fois qu'on tuait un civil, son frère reprenait le fusil".

Selon M. Mariani la stratégie de l'OTAN en Afghanistan a été amendée au sommet de Bucarest sous l'influence du président Nicolas Sarkozy. Les maîtres mots en sont, a-t-il dit, "l'afghanisation", le développement et la "sécurisation". "Bucarest a été une étape importante, c'est un virage pris en grande partie à la demande de la France", a-t-il dit.
Source AFP
 

 

Le 13 février 2009
"La guerre se gagne avec l'opinion publique"
par le Colonel Benoît Royal


Dans cet article, publié dans Le Figaro après la perte d'un officier français en Afghanistan, l'auteur, Chef du Service d'Information et de Relations Publiques de l'Armée de terre (SIRPA), fait judicieusement référence à l'exemple et au message que Lyautey nous a légués. (voir "Nota" en fin d'aticle)

Un soldat français du 35e RAP vient d'être tué dans l'accomplissement de sa mission en Afghanistan. Il a succombé à un IED (Improvided Explosive Device), une des façons les plus lâches de combattre car, au même titre que les attentats suicides, ce type d'engin tue de façon indiscriminée, civils ou militaires. Pourtant, les méthodes employées par l'adversaire ne modifient en rien le comportement des soldats français, qui continueront d'agir avec la même détermination mais sans esprit de vengeance. C'est exactement dans ces termes que le général Stollsteiner, commandant les troupes françaises, s'était déjà exprimé à l'issue de l'embuscade d'Ouzbin du 19 août, qui avait coûté la vie à 10 soldats français. Il répondait à une question se rapportant à la façon dont le groupe d'insurgés avait exhibé, comme des trophées, des équipements français et la montre prise sur un des soldats tués. «Au contraire, ça leur donnera [aux soldats français], sans esprit de vengeance, et ça, je tiens à ce que vous le reteniez, davantage de volonté pour reprendre l'action avec plus de détermination. (…) Vous comprenez que dans tout groupe qui est affecté, le raccourci le plus rapide c'est de dire “j'utiliserai mon arme comme moyen de représailles”. Or, ce qui fait la différence entre une bande de rebelles et une armée organisée, une armée formée avec des chefs qui encadrent, justement, c'est de ne pas rentrer dans ce penchant très facile de la vengeance. Ça, je le réserve à mes adversaires.»

La question de l'éthique de comportement dans l'emploi de la force interpelle aussi bien un soldat engagé en Afghanistan, un simple spectateur de l'actualité mondiale, que le nouveau président des États-Unis lui-même. En effet, «L'Amérique ne torturera pas», a déclaré Barack Obama en annonçant la fermeture du centre de Guantanamo, «nos idéaux seront le phare de notre leadership». Au même moment, Richard Falk, le rapporteur spécial de l'ONU pour les Territoires palestiniens, déclarait qu'Israël avait délibérément violé les conventions de Genève pendant sa campagne contre le Hamas, mettant directement en cause le comportement des soldats de Tsahal dans la bande de Gaza. À quelques heures de là, à Kaboul, le 23 janvier, les autorités locales afghanes dénonçaient des victimes collatérales à l'occasion d'un raid aérien de l'Isaf - la force déployée sous commandement de l'Otan - coûtant la vie à plusieurs civils.

Où qu'elles se produisent, relayées par les médias planétaires, les dérogations au droit et à la dignité ne laissent pas l'opinion publique insensible, ni inactive. Forts de leur légitimité, les peuples expriment leur désapprobation dans la rue, dans les médias et, quand ils le peuvent, dans les urnes. Quant aux populations qui en subissent directement les conséquences, elles expriment leur révolte par un soutien à l'adversaire, aggravant la situation contre laquelle les forces militaires déployées cherchent précisément à lutter. Par leurs actions médiatisées à l'envi, les populations sont aujourd'hui en mesure de peser et d'influer sur les décisions politiques pouvant in fine infléchir les stratégies déployées. Maints exemples de l'histoire récente l'ont montré : un pays qui décide de l'emploi de la force ne peut garantir sa liberté d'action stratégique sans s'assurer du soutien de l'opinion publique. La sienne d'abord, qui contribue à l'expression de la légitimité de la force déployée, et celle du pays où il se déploie ensuite, qu'il en ait accepté la présence ou qu'il la subisse.

Un général britannique, Sir Rupert Smith, explique que la réussite des opérations militaires est directement conditionnée par cette adhésion populaire.

Un siècle plus tôt, le maréchal Lyautey, pacificateur du Maroc, avait démontré la même idée, léguant des principes fondateurs d'une stratégie respectueuse de l'humain qui ont fait la richesse de la culture militaire française. Aujourd'hui plus qu'hier, une force militaire qui ne bénéficie pas du soutien de l'opinion publique perd sa légitimité. Or obtenir l'adhésion des populations consiste notamment à leur renvoyer l'image d'une force exempte de tout reproche. Outre l'avantage que les forces armées tirent de ce comportement, il permet de préparer l'étape suivante, la phase des négociations, the day after. À ce moment, l'éventuel passif de violence et d'exactions des forces pèse lourdement dans les discussions politiques et conditionne souvent les modalités de l'accord final.

C'est dans cet esprit que l'armée française a décliné sa doctrine d'emploi de la force, qui en prône un usage maîtrisé dans l'accomplissement des missions. Il s'agit de ne jamais confondre action de combat et action violente. Il existe en effet une grande différence entre l'usage maîtrisé des armes pour s'opposer à la violence - usage qui n'empêche ni fermeté ni détermination - et l'usage non maîtrisé de la force qui conduit immanquablement à la même violence que celle à laquelle on s'oppose. En 1993, souvenons-nous du succès des troupes françaises à Mogadiscio en Somalie où, en dépit de la tactique détestable des combattants du général Aidid qui s'abritaient au sein de la population pour combattre, nos soldats sont parvenus au succès sans jamais succomber à l'abus de force et aux dégâts collatéraux. Mais au prix de plus de risques et de dommages pour nos propres troupes.

Une éthique de comportement au combat est plus que jamais indispensable au soldat, acteur et quelquefois victime de la guerre. C'est ce qui différencie fondamentalement l e soldat du mercenaire et du barbare. Son éthique répondra aux attentes de la population : celle de sa propre nation dont il tire sa légitimité, comme celle dont il doit gagner l'adhésion et le respect. Elle le protégera aussi des conséquences de ses actes, tant vis-à-vis du droit international que de sa propre santé psychologique et morale.

Dans le monde présent, où force est de constater la persistance peu glorieuse de nombre de combats et de guerres fratricides, la France a le devoir moral d'affirmer sa spécificité en multipliant ses stratégies fondées sur ses valeurs fondatrices. Face aux défis des conflits à résoudre, et sans faire preuve du moindre angélisme, il est possible d'imposer le respect et l'éthique comme idéaux fédérateurs d'une action coordonnée du pouvoir politique, des armées et des populations. Ils répondent aux attentes légitimes des peuples et ils peuvent être des moyens privilégiés de gestion des affrontements violents au sein des sociétés en crise.

 

Nota - En novembre 2008, le colonel Benoît Royal a publié un livre fort intéressant qui peut s’inscrire dans le droit fil de la pensée du Maréchal Lyautey :
“L’Éthique du soldat français", Ed. Economica, 124 pages, 18 €.
Pour plus d'info, consulter : http://www.defense.gouv.fr/terre/breves/l_ethique_du_soldat_francais_la_conviction_d_humanite__1
 

 

Le 29 janvier 2009
"Il était une fois l'Afrique"

Un article de Paul François Paoli à lire sur le site lefigaro.fr

 

L’auteur analyse “Histoire de l'Afrique des origines à nos jours’ écrit  par Bernard Lugan
" À ses yeux, le modèle d'une relation réussie entre Européens et colonisés fut le protectorat de Lyautey au Maroc, parce qu'il était respectueux des traditions de ce pays. Son antimodèle fut la colonisation de l'Algérie fondée sur le mépris de la population et l'utopie de l'assimilation" .....
 

 

Le 29 octobre 2008
"Afghanistan : le retour de la contre-insurrection"
Un article d'Isabelle Lasserre à lire sur le site lefigaro.fr

 

.......... « Si l'intervention militaire reste indispensable à la résolution d'un conflit, c'est sa capacité à susciter un environnement stable qui est décisive pour conduire la paix», affirme encore le général Desportes. Voilà donc les principes de contre-insurrection, qui avaient déserté les conflits depuis la guerre d'Algérie, de retour en Afghanistan, après avoir fait leurs preuves en Irak.
Pour les avoir utilisés en Algérie, en Indochine et dans les conflits liés à la décolonisation, les militaires français les connaissent bien. Ils ont même été théorisés par l'un des leurs, David Galula, saint-cyrien atypique, dans un livre - Contre-insurrection. Théorie et pratique - paru en anglais en 1963 et préfacé par le général David Petraeus. Peu connus en France à l'époque, les travaux de Galula ont en revanche fortement influencé la communauté militaire américaine, qui considère l'officier comme le principal stratège français du XXe  siècle. «Le Clausewitz de la contre-insurrection», ose même David Petraeus, qui a rendu la lecture de Galula obligatoire aux officiers en partance pour l'Irak et a appliqué scrupuleusement toutes ses recommandations dans l'ancienne Mésopotamie.
Très populaires aux États-Unis, les leçons de Galula ont été enterrées en France. «Son livre est paru au début de la Ve  République, à un moment où la guerre psychologique, révolutionnaire, était très impopulaire en France et avait quasiment été interdite par de Gaulle», explique Michel Goya. La défaite en Indochine et la perte de l'Algérie y sont pour beaucoup. Mais aussi les débordements entraînés par la guerre subversive sur la population algérienne. « Il y a eu deux courants de pensée de la contre-insurrection : celui des maréchaux Gallieni et Lyautey, en Algérie, qui visait à conquérir la population .........

                                                                                   

 

Le 8 septembre 2008
"Le général Petraeus, stratège en chef au Moyen-Orient"

Un article de Renaud Girard à lire sur lefigaro.fr

....... Praticien de la guerre anti-insurrectionnelle, le général David Petraeus a déjà deux succès à son actif. De 2003 à 2004, il commande le secteur de Mossoul. Prenant langue avec tous les chefs tribaux des différentes communautés pour les associer à son travail de pacification, le général de division Petraeus parvient à ressusciter l'économie locale, à restaurer les services publics, à maintenir un minimum d'ordre dans les rues. Dans tous les postes militaires avancés de son secteur, une affiche interpelle soldats et officiers : « Qu'avez-vous fait aujourd'hui pour gagner les cœurs et les esprits de la population irakienne ? » ..........
......... Aujourd'hui, avec l'Afghanistan dont il a aussi la charge, on demande pour la troisième fois au général Petraeus de faire ses preuves dans la guerre anti-insurrectionnelle.........
........ David Petraeus saura-t-il se métamorphoser en un Lyautey ? ..........

 

 

Le jeudi 21 août 2008

 

Message adressé par l'Association Nationale Maréchal Lyautey aux Régiments :

le 8e R.I.P.Ma, le 2e R.E.P., le R.M.T. auxquels appartenaient

les 10 soldats et gradés tués dans une embuscade en Afghanistan 

 
    Au nom de l'Association Nationale Maréchal Lyautey qui perpétue le  souvenir du Maréchal et de son oeuvre, j' exprime mes condoléances les plus sincères et les plus vives aux familles et aux proches de tous ceux qui, dans l'accomplissement de leur mission, viennent de mourir au champ d'Honneur. J'adresse, en outre, mes meilleurs voeux de rétablissement aux blessés.

    Beaucoup d'entre nous ont servi sur différents théâtres d'opérations et peuvent mieux ressentir et partager non seulement la douleur des familles, mais aussi celle des camarades, tous grades confondus, de leurs unités.
    Nous souhaitons, grâce à l'esprit de corps qui les anime que tous et toutes surmontent leur peine et restent fiers de servir la France là où ils sont, à l'exemple de leurs devanciers.

Colonel (er) Pierre GEOFFROY
Président de l'Association Nationale Maréchal Lyautey

 

Le 30 juin 2008

Editorial de "Présence de Lyautey" n° 44 - Juin 2008

Bulletin de l’Association Nationale Maréchal Lyautey

Le combat de Lyautey et pour Lyautey
contre le “politiquement incorrect”


Tout au long de sa carrière le Maréchal Lyautey a, certes, connu les honneurs et la gloire. Mais, sans doute à cause de son génie qui le plaçait bien trop en avance sur son temps, il eut à souffrir de la méfiance et de l’incompréhension de sa hiérarchie, voire, à certaines périodes, de l’hostilité et du sectarisme mêlé d’ingratitude des hommes au pouvoir. De combat en combat contre la routine, contre la bureaucratie, contre l’irresponsabilité, contre les intrigues politiques, il s’était attiré beaucoup d’inimitiés. Du moins, avait-il obtenu des résultats qui permettent de valider sa formule : « Le but, toujours le but ». Pour lui, dans la conception et la conduite de l’action, ce qui primait, c’est la "subordination des moyens au but".
Sa vie durant, sans renoncement, ni sans “langue de bois”, par la parole et par l’action, il a défendu les valeurs fondamentales d’un humanisme hérité de la culture judéo-chrétienne et servi, en toutes occasions, la grandeur de la France. Refusant de hiérarchiser les races et les civilisations, il a laissé l’empreinte d’un colonial soucieux d’un meilleur avenir pour les peuples colonisés. Le succès de l’Exposition Coloniale de 1931, organisée avec des vues prospectives était au rendez-vous de sa dernière grande oeuvre. Mais ce succès a cristallisé et déchaîné les ardeurs des détracteurs de l’oeuvre coloniale de la France et des ennemis de son rayonnement. Au fil des années, profitant du laxisme, sinon de la complicité d’hommes au pouvoir, ils sont devenus de plus en plus méprisants et accusateurs.

Il serait trop long d’énumérer ici toutes les épreuves que Lyautey a eu à surmonter pendant sa carrière; contentons-nous d’en rappeler les principales, à com-mencer par les retombées de la publication, en 1891, du “Rôle social de l’officier”. Ce texte fondateur l’a fait taxer d’officier révolutionnaire. En Algérie, à partir de fin 1906, jugé trop entreprenant par les politiques, il n’a du son maintien qu’au soutien du Gouverneur Jonnart qui l’y avait fait venir. Au Maroc, il a souvent été en désaccord avec le gouvernement qui ne lui a pas épargné les difficultés, Que d’embûches il a du surmon-ter pour créer le port de Casablanca ! Que de fermeté pour faire respecter le traité de protectorat et s’opposer aux dérives comme celle de l’administration directe. Appelé comme Ministre de la Guerre fin 1916, il  a décou- vert un ministère dépouillé juste avant son arrivée de plusieurs grandes directions. Il a jeté l’éponge quelques mois plus tard empêché d’imposer les mesures dictées par la situation. En 1925, poussé à la démission dans des conditions humiliantes par le Cartel des Gauches, il n’a même pas eu droit, à son arrivée à Marseille. aux honneurs réglementaires dus à son rang. Puis il a vécu en disgrâce ne recevant aucune invitation officielle jusqu’à ce que le Président Poincaré lui offre l’organisation de l’Exposition Coloniale.
Clairvoyant, Lyautey avait pris date sur l’évolution du monde et l’avenir de la colonisation en adressant au gouvernement et à ses subordonnés civils et militaires, le 18 novembre 1920, la fameuse note dite du “coup de barre”. En clamant : « Il est urgent de crier “casse-cou” » il s’appuyait sur le respect de l’esprit et de la lettre du statut de protectorat au Maroc pour dénoncer les dérives à combattre et proposer des remèdes. Ce visionnaire ne pouvait pas, ne devait pas avoir raison......  Aussi à peine avait-il quitté le Maroc que l’on s’employait à prendre le contre-pied de sa politique et les erreurs vont s’accumuler.

Par la suite, tout a été fait en France pour mettre le Maréchal Lyautey et son oeuvre sous l’éteignoir. En 1954, faute de volonté politique, les projets de statue pour le centième anniversaire de sa naissance tombent à l’eau. En 1960, le musée de la France d’outre-mer, héritier du musée permanent des colonies qu’il avait fait construire en 1931 à la Porte Dorée, est victime de la décolonisation. Au mépris de la volonté de Lyautey, ce musée est transformé par André Malraux, ministre du Général de Gaulle en musée des Arts africains et océaniens. Autre trahison de Lyautey, qui peut être
interprétée comme un geste de repentance avant la lettre, en mai 1961, sa dépouille était ramenée du Maroc aux Invalides alors que celle de son épouse était transférée au cimetière de Thorey-Lyautey.
En 1980, le château du Maréchal Lyautey est en vente et son contenu, resté en place depuis 1934, est mis à l’encan. La création dans l’urgence de l’Association Nationale Maréchal Lyautey a permis de pallier la carence de l’Etat, sollicité en vain et de sauver le patrimoine Lyautey. C’est également l’Association qui lui érige, avec le concours des deux municipalités concernées, sa première statue en France à Paris (1985), puis à Nancy, sa ville natale (1994).
Pendant ce temps, la décolonisation des esprits qui va de pair avec la falsification de l’histoire et l’oubli a suivi son cours. Aujourd’hui, qui ose encore évoquer Garnier Marchand, Savorgnan de Brazza, Laperrine, Bugeaud,, Faidherbe, Gallieni et tant d’autres ? La mémoire de Lyautey résistait pourtant à ce travail de sape des tenants d’une idéologie qui s’attaque aux valeurs de notre civilisation. Lyautey l’humaniste pour avoir tou-jours porté haut les valeurs du devoir social, de l’effort, du travail, de l’esprit d’équipe et d’entreprise, devenait pour eux un symbole de plus en plus encombrant. Plus qu’encombrante aussi, la notoriété de Lyautey, dont les mérites sont reconnus, notamment au Maroc et qui a valeur de contre-exemple pour les thèses anticolo-nialistes de ces ”forces du mal”. Il leur fallait donc intensifier la politique de l’oubli et de la désinformation aidés en cela par des complicités impardonnables
Ils ont ainsi obtenu l’abandon entre leurs mains du Palais Lyautey, ancien Musée des colonies, proclamé “Cité nationale de l’histoire de l’immigration” par le Premier Ministre Raffarin, dans une allocution du  8 juillet 2004. De ce fait, Lyautey allait se trouver expulsé du dernier endroit qui évoquait la mémoire d’une époque dont il fut une figure marquante. La création d’une “Cité de l’immigration” est une chose dont on peut débattre, mais ce n’est pas notre propos. C’est le choix du lieu qui doit être remis en cause.
L’allocution se poursuivait : « Nous avons fait un choix, un choix humaniste : l’immigration fait partie de l’histoire de notre peuple, de notre pays et de notre nation, “leur histoire est notre histoire” » Il faut comprendre : nous avons fait le choix de gommer le symbole Lyautey, trop humaniste à notre goût et de tronquer notre histoire pour qu’elle puisse leur convenir et devenir leur histoire.
Un peu plus loin, nous relevons cette contradiction qui traduit un manque d’honnêteté intellectuelle : « Certains contesteront ce choix. Mais, la colonisation et la décolonisation font partie de notre histoire, avec les ombres et les lumières, les réalisations et les drames atroces, le bonheur et les guerres. Elles sont un élément de notre passé qu’il faut regarder sans crainte aujour-d'hui, alors que les façons de penser ont changé. »

 

Alors pourquoi faire l’amalgame entre colonisation et immigration; pourquoi profaner ce lieu de mémoire en le confiant aux anticolonialistes au lieu d’y présenter ”sans crainte” l’histoire objective de la colonisation et  et pourquoi pas de la décolonisation ?
Et encore :au fil de l’allocution : « Je rends devant vous hommage à Jacques Toubon qui a mis sa finesse, sa puissance de travail et ses convictions personnelles au service de ce projet... »  Pour ceux qui en auraient douté, on a maintenant la chance de connaître ce que sont ses “convictions personnelles”, sans doute partagées par ceux qui l’ont mis en place. Et ils n’ont rien à envier au Cartel des Gauches qui a évincé Lyautey du Maroc en 1925. En effet, le projet en question est clairement affiché sur le site internet de la “Cité de l’immigration” : « Il s’agit donc avec ce projet et ce lieu, de déconstruire l’imagerie héritée de la colonisation, de retourner les symboles. De dire et de montrer que la page de la colonisation est définitivement tournée et détourner le bâtiment de sa vocation première. »
Cet outrage fait à la mémoire de Lyautey ne pouvait pas nous laisser indifférents ; c’est pourquoi, s’agissant d’une décision régalienne prise par son prédécesseur à l’Elysée, le “Plaidoyer pour le respect de Lyautey et de la mémoire coloniale outragés grâce à des fonds public” paru dans le dernier bulletin a été adressé au Président de la République. En attendant sa réponse qui tarde, que s’est-il passé depuis ?
D'après les milieux bien informés, il se dit que la décision prise était “politique”. Oui, mais le paysage politique a changé et nous attendons justement la rupture avec les errements antérieurs. Il se dit que le bureau du Maréchal Lyautey a été réinstallé. Oui, mais c’est un leurre, il ne s’agit que d’un meuble remis en place et le célèbre portrait peint par Lazlo a disparu. Il se dit qu’une exposition sur Lyautey serait prévue : oui, mais ce serait lui faire un affront de plus que de réduire sa carrière prestigieuse à une exposition éphémère, de plus confiée à des idéologues qui lui sont hostiles

Passons sur les travaux faits pour s’approprier le site et défigurer l’intérieur pour mieux en faire oublier l’histoire. Passons sur le gâchis historique, architectural et financier de cette affaire et sur les dissensions interne des meneurs. A nos arguments est venu s’ajouter un témoignage de poids, à savoir le jugement porté par un visiteur averti comme Jean-Marie Rouart de l’Académie française sur ce suicide culturel. (chronique parue dans le quotidien “Nice-matin” du 14 octobre 2007 et reprise dans son dernier livre p. 77). Il a écrit : « Un couscoussier, une machine à coudre, un fer à repasser, des valises en carton, des théières marocaines, et des scoubidoubidous : c’est ce dépotoir dont aucun marché aux puces ne voudrait qu’on ose nommer musée. Eh oui, les Musées de France lui ont donné ce label. L’Etat est-il devenu fou ? Je manque de mots pour exprimer mon indignation au sortir de la visite de la Cité  nationale  de  l’histoire de l’immigration. »
Ce bric à brac, est, en fait, à l’image de ceux qui l’ont pensé  pendant de nombreuses années comme devant participer à “l’empoisonnement” de notre culture et de notre civilisation et J-M Rouart discerne les composants de ce mélange tout à la fois poison et explosif : « On aura rarement mêlé sans aucune pudeur le népotisme présidentiel, l’instrumentalisation de la culture à des fins politiques et la gabegie financière.»  Et ça continue ! Le gouvernement précédent a accordé vingt-trois millions pour les travaux, plus sept millions pour le budget annuel de fonctionnement. Le gouvernement actuel continue de financer alors que les caisses sont vides, sauf pour entretenir des “protégés”.
A qui profite le “crime” ? Voici des éléments de réponse à cette question. La “Cité de l’immigration” fournit désormais une plate-forme au terrorisme intellectuel qui, sous-couvert d’associations militantes, est en train de coloniser la France. Après avoir attiré des curieux pendant les quelques semaines suivant l’inauguration du 10 octobre 2007, la cité serait déserte si on n’y amenait pas en nombre des écoles pour les endoctriner et susciter à travers un musée scandaleusement “orienté” des rancoeurs contre la France.

Confiants dans la volonté de rupture qu’affiche le  Président de la République avec les archaïsmes, l’immobilisme, les injustices et la repentance, nous patientons, car il a sans doute des dossiers plus urgents à traiter, Nous misons aussi sur la cohérence de son propos. C’était à Tanger, au cours de son voyage officiel au Maroc. Le 23 octobre 2007, il a rendu un hommage appuyé au Maréchal Lyautey dans un discours sur le thème de l’Union pour la Méditerranée. Nous espérons que viendra le temps où il remettra les pendules à l’heure en France pour justifier ses convictions. Et cela en harmonie avec Lyautey, qui dans une lettre du 22 janvier 1922 au Président Poincaré plaidait en visionnaire pour une Fédération franco-musulmane des Pays de la Méditerranée entre Gibraltar et Bosphore.
Il faut redonner le Palais de la Porte Dorée à Lyautey comme à ceux qui ont fait la grandeur de la France,, en y présentant sans complexe l’oeuvre généreuse et indélébile qu’ils y ont accomplie au nom de la France et établir ainsi un trait d’union entre le passé et l’avenir.

 

Colonel (er) Pierre Geoffroy


Le 8 mai 2008

 

EXTRAIT DE L'ALLOCUTION DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE  
CEREMONIE DU 63 e ANNIVERSAIRE DU 8 MAI 1945 A OUITREHAM
  
« Parmi ceux qui s’apprêtaient à débarquer les premiers, il y avait les hommes du Commando  Kieffer. Ils étaient 177 fusiliers marins. Ils allaient se battre ici à Ouistreham. Ces premiers  libérateurs de la France furent de tous les combats de la campagne de Normandie. Beaucoup  d’eux, beaucoup d’entre eux y ont laissé leur vie. Je veux saluer au nom de la Nation toute  entière les survivants qui sont ici et qui font honneur à notre patrie.   

En nous souvenant de ce que nous leur devons, nous nous souvenons aussi de ce que nous  devons à tous ceux qui, comme eux, ont sauvé l’honneur de la France et lui ont permis d’être  présente au jour de la victoire : combattants des maquis assiégés par les divisions allemandes,  soldats de l’ombre pourchassés par la Gestapo.   

Mais aussi, je veux dire qu’on les oublie trop souvent, les soldats de la France Libre, de la  France combattante : ceux de la 1 re  Division française libre, ceux qui avec Koënig se sont  couverts de gloire à Bir Hakeim ; et ceux de la 2 e  DB, ceux qui, avec Leclerc, ont libéré  Koufra, Tunis, Alençon, Paris, Strasbourg ; ceux de la 1 re  Armée, ceux qui avec de Lattre ont  débarqué en Provence, libéré Toulon, Marseille, Lyon, Colmar ; et ceux qui avec Juin étaient  au Mont Cassin, au Garigliano, à Rome, à Sienne ; ceux qui ont combattu dans les rangs des  SAS, les premiers parachutés Français sur le sol de France dans la nuit du 5 au 6 juin 1944 ;  les aviateurs, les marins de la France Libre.

Mais je veux aussi en ce jour de commémoration  citer les Tabors marocains, les tirailleurs tunisiens et sénégalais, tous ces soldats des troupes  coloniales venus d’Afrique, du Maghreb, d’Indochine qui se sont battus sous le drapeau  français pour défendre les valeurs universelles que, malgré l’oppression coloniale, la France, à  leurs yeux, continuait d’incarner. »

 

Le 3 avril 2008

"L'Afghanistan, Lyautey et la Colombie ..."

Un article de Laurent Zecchini à lire dans "Le MONDE" du 3 avril


Extrait : Alors qu'ils s'efforcent de stabiliser l'Afghanistan, les chefs militaires de l'OTAN pourraient relire Lyautey, et s'inspirer de l'action menée par l'armée colombienne contre la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). De son expérience au Tonkin et de sa fréquentation de Gallieni, l'ex-maréchal de France avait retenu une leçon : « Au lieu de dissoudre les anciens cadres dirigeants, s'en servir ; gouverner avec le mandarin et non contre le mandarin. » Plutôt que d'essayer de réduire la dissidence à coups de canon, avait-il appris plus tard au Maroc, il faut la dissocier de la population civile, en combinant les effets d'attraction et de la pression militaire, en offrant aux tribus la...

 

Note du webmaster - Contrairement à ce qui est écrit dans cet article, le Maréchal Lyautey, n'a jamais été ex-maréchal (faute de culture ou déformation de l'histoire ? )

 

Le 7 février 2008 

La France colonisée par ceux qui dénoncent le colonialisme

ou l’art de faire avaler des couleuvres

par le Colonel (er) P. GEOFFROY

Chronique publiée dans le n° 1733 de mai 2008 de "La voix du combattant", magazine de l'U.N.C. 

 

A l’insu des Français qui, victimes d’une manipulation permanente, croient encore à la prééminence des valeurs de notre civilisation, la France est insidieusement et idéologiquement colonisée.

Elle est colonisée par toutes les retombées du terrorisme intellectuel pratiqué par certains intellectuels, philosophes, historiens, journalistes, etc .... unis par la volonté de “déconstruire” la France humaniste, rayonnante et généreuse. Il fut un temps où on parlait de “l’ennemi intérieur”; il a seulement changé de visage.

Ce terrorisme est tellement vrai qu’il a culpabilisé et réduit au silence ceux qui ont voulu parler - souvent fort maladroitement -  à propos de la colonisation du “rôle positif” de la France.

Différents signaux avaient pourtant attiré l’attention sur le déclin de notre fierté nationale. Ainsi, l’abdication politique s‘est manifestée par l’envoi de notre porte-avions célébrer aux côtés des Anglais notre défaite de Trafalgar.

Cette abdication tend à nous rendre honteux et coupable de nos victoires, à tel point que les drapeaux pris à l’ennemi et exposés à l’église des Invalides ont été enlevés et qu’en 2005,  le bicentenaire de la victoire d’Austerlitz n’a pas été célébré.

Cette abdication a conduit les mêmes, en 2006, à expulser  Lyautey et la mémoire de l’oeuvre coloniale, dont il est le symbole, du Palais LYAUTEY situé à la Porte Dorée (12ème). Ceci pour y installer une “Cité de l’immigration” qui désormais fournit une plate-forme à ce terrorisme intellectuel devenu omniprésent. Les mercenaires de cette profanation des lieux s’emploient à « retourner les symboles » et à susciter à travers un musée scandaleusement  “orienté” des rancoeurs contre la France.

 

On croyait la repentance bannie, mais il s’agit là d’une forme de repentance qui n’avoue pas son nom, donc plus perfide. Une question se pose. QUI continue à voter le budget de cette “Cité de l’immigration” qui, de plus, est un gouffre financier et dont les résultats se retourneront contre ceux qui l’alimentent ? Une réponse s’impose : il faut “délocaliser la Cité de l’immigration” et redonner le Palais de la Porte Dorée à Lyautey  et à ceux qui ont fait la grandeur de la France dans le monde, en présentant l’oeuvre généreuse et indélébile qu’ils y ont accomplie au nom de la France.


Après le temps des humiliations et des affronts qui nous sont imposés est venu le temps des agressions. Le samedi 26 janvier 2008, LA CHAÎNE PUBLIQUE FR3 a consacré une émission aux poseuses de bombes du F.L.N. pendant la guerre d’Algérie. Pire qu’une apologie du crime, c’est une agression contre les victimes et leurs familles privées du droit de réponse à l’antenne. Là aussi une question se pose. QUI est responsable de cette programmation ? Ou bien les responsables sont des potiches, ou bien ils sont complices.

Si on se rappelle qu’il y a juste un an, FRANCE 2 avait présenté une émission scandaleuse sur la bataille d’Alger et si on prête attention aux  commentaires tendancieux qui accompagnent certains sujets délicats, on aura compris que le viol de la vérité est une des armes du terrorisme intellectuel de plus en plus concerté.


Provocation à Saint-Ouen
Provocation à Saint-Ouen


Il est bon aussi de rappeler qu’aux portes de Paris, à Saint-Ouen, une plaque de rue porte la mention “membre du F.L.N.” C’est une insulte à la France, à son armée qui a combattu le F.L.N., aux victimes du F.L.N., aux rapatriés et aux  harkis,

A ce rythme, on peut s’attendre à avoir bientôt une station de métro Ben Bella !  Il ne suffit plus de s’en remettre seulement aux associations pour protester : il y a déjà longtemps que le pouvoir n’écoute plus que ceux qui descendent dans la rue accompagnés d’un soutien médiatique “engagé”. Il faut donc s‘investir  individuellement en écrivant, et en harcelant tant qu’il n’y a pas de réponse, tous  ceux qui, à tous les niveaux, ont des comptes à rendre à leurs électeurs.

Colonel (er) Pierre GEOFFROY
Président de l'Association Nationale Maréchal Lyautey

 

Dernière minute - Au moment de mettre en ligne ce texte, j’apprends, (comme s’il fallait lui donner plus de crédit), que le Mémorial national de la guerre d'Algérie, quai Branly à Paris  (7ème), a été tagué et dégradé le mardi 5 février. Il est évident que l’émission de FR3 a servi de catalyseur pour ceux qui veulent montrer que le FLN tient le haut du pavé. La France facilite même la tâche du FLN puisque l’INA vient de mettre à la disposition de l’Algérie une copie des archives audiovisuelles la concernant depuis la seconde Guerre mondiale jusqu’à 1962. De quoi permettre bien des montages et des truquages. Devinez lesquels.
 

Mis en ligne le 13 décembre 2007

 

Une lettre ouverte du Professeur André Savelli,

Professeur agrégé du Val de Grâce


à Monsieur Bouteflika

Président de la République algérienne.


        Monsieur le Président,

En brandissant l’injure du génocide de l’identité algérienne par la France, vous saviez bien que cette identité n’a jamais existé avant 1830. Mr Ferrat Abbas et les premiers nationalistes avouaient l’avoir cherchée en vain. Vous demandez maintenant repentance pour barbarie : vous inversez les rôles !

 

C’était le Maghreb ou l’Ifriqiya, de la Libye au Maroc. Les populations, d’origine phénicienne (punique), berbère (numide) et romaine, étaient, avant le VIIIème siècle, en grande partie chrétiennes (500 évêchés dont celui d’Hippone / Annaba, avec Saint Augustin). Ces régions agricoles         

Faut-il oublier que les Arabes, nomades venant du Moyen Orient, récemment islamisés, ont envahi le Maghreb et converti de force, « béçif » (par l’épée), toutes ces populations. « Combattez vos ennemis dans la guerre entreprise pour la religion….Tuez vos ennemis partout où vous les trouverez » (Coran, sourate II, 186-7). Ce motif religieux était élargi par celui de faire du butin, argent, pierreries, trésor, bétail, et aussi bétail humain, ramenant par troupeaux des centaines de milliers d’esclaves berbères; ceci légitimé par le Coran comme récompense aux combattants de la guerre sainte (XLVIII, 19, 20) .Et après quelques siècles de domination arabe islamique, il ne restait plus rien de l’ère punico romano berbère si riche, que des ruines (Abder-Rahman ibn Khaldoun el Hadrami , Histoire des Berbères,T I, p.36-37,40,45-46. 1382) .

Faut-il oublier aussi que les Turcs Ottomans ont envahi le Maghreb pendant trois siècles, maintenant les tribus arabes et berbères en semi esclavage, malgré la même religion, les laissant se battre entre elles et 

Faut-il oublier que ces Turcs ont développé la piraterie maritime, en utilisant leurs esclaves. Ces pirates barbaresques arraisonnaient tous les navires de commerce en Méditerranée, permettant, outre le butin, un trafic d’esclaves chrétiens, hommes, femmes et enfants. Dans l’Alger des corsaires du XVI ème siècle, il y avait plus de 30.000 esclaves enchaînés. D’où les tentatives de destruction de ces bases depuis Charles Quint, puis les bombardements anglais, hollandais et même américain…..Les beys d’Alger et des autres villes se maintenaient par la ruse et la force, ainsi celui de Constantine, destitué à notre venue, ayant avoué avoir fait trancher 12.000 têtes pendant son règne.                  
Faut-il oublier que l’esclavage existait en Afrique depuis des lustres et existe toujours. Les familles aisées musulmanes avaient toutes leurs esclaves africains. Les premiers esclavagistes, Monsieur le Président, étaient les négriers noirs eux-mêmes qui vendaient leurs frères aux Musulmans du Moyen Orient, aux Indes et en Afrique (du Nord surtout), des siècles avant l’apparition de la triangulaire avec les Amériques et les Antilles, ce qui n’excuse en rien cette dernière, même si les esclaves domestiques étaient souvent bien traités.
Faut-il oublier qu’en 1830, les Français sont venus à Alger détruire les repaires barbaresques ottomans qui pillaient la Méditerranée, libérer les esclaves et, finalement, affranchir du joug turc les tribus arabes et berbères opprimées.
Faut-il oublier qu’en 1830, il y avait à peu près 5.000 Turcs, 100.000 Koulouglis, 350.000 Arabes et 400.000 Berbères dans cette région du Maghreb où n’avait jamais existé de pays organisé depuis les Romains. Chaque tribu faisait sa loi et combattait les autres, ce que l’Empire Ottoman favorisait, divisant pour régner.


Faut-il oublier qu’en 1830 les populations étaient sous développées, soumises aux épidémies et au paludisme. Les talebs les plus évolués qui servaient de toubibs (les hakems), suivaient les recettes du grand savant « Bou Krat » (ou plutôt Hippocrate), vieilles de plus de 2.000 ans .La médecine avait quand même sérieusement évolué depuis !
Faut-il oublier qu’à l’inverse du génocide, ou plutôt du massacre arménien par les Turcs, du massacre amérindien par les Américains, du massacre aborigène par les Anglais et du massacre romano-berbère par les Arabes entre l’an 700 et 1500, la France a soigné, grâce à ses médecins (militaires au début puis civils) toutes les populations du Maghreb les amenant de moins d’un million en 1830 en Algérie, à dix millions en 1962.
Faut-il oublier que la France a respecté la langue arabe, l’imposant même au détriment du berbère, du tamashek et des autres dialectes, et a respecté la religion (ce que n’avaient pas fait les Arabes, forçant les berbères chrétiens à s’islamiser pour ne pas être tués, d’où le nom de « kabyle » - j’accepte).
Faut-il oublier qu’en 1962 la France a laissé en Algérie, malgré des fautes graves et des injustices, une population à la démographie galopante, souvent encore trop pauvre, - il manquait du temps pour passer du moyen âge au XX ème siècle - mais en bonne santé, une agriculture redevenue riche grâce aux travaux des Jardins d’Essais, des usines, des barrages, des mines, du pétrole, du gaz, des ports, des aéroports, un réseau routier et ferré, des écoles,un Institut Pasteur, des hôpitaux et une université, la poste… Il n’existait rien avant 1830. Cette mise en place d’une infrastructure durable, et le désarmement des tribus, a été capital pour l’Etat naissant de l’Algérie .
Faut-il oublier que les colons français ont asséché, entre autres, les marécages palustres de la Mitidja, y laissant de nombreux morts, pour en faire la plaine la plus fertile d’Algérie, un grenier à fruits et légumes, transformée, depuis leur départ, en zone de friche industrielle.
Faut-il oublier que la France a permis aux institutions de passer, progressivement, de l’état tribal à un Etat nation, et aux hommes de la sujétion à la citoyenneté en construction, de façon, il est vrai, insuffisamment rapide. Le colonialisme, ou plutôt la colonisation a projeté le Maghreb, à travers l’Algérie, dans l’ère de la mondialisation.
Faut-il oublier qu’en 1962, un million d’européens ont dû quitter l’Algérie, abandonnant leurs biens pour ne pas être assassinés ou, au mieux, de devenir des habitants de seconde zone, des dhimmis, méprisés et brimés, comme dans beaucoup de pays islamisés. Il en est de même de quelques cent mille israélites dont nombre d’ancêtres s’étaient pourtant installés, là, 1000 ans avant que le premier arabe musulman ne s’y établisse. Etait-ce une guerre d’indépendance ou encore de religion ?
Faut-il oublier qu’à notre départ en 1962, outre au moins 75.000 Harkis, sauvagement assassinés, véritable crime contre l’humanité, et des milliers d’européens tués ou disparus, après ou avant, il est vrai, les excès de l’O.A .S., il y a eu plus de 200.000 tués dans le peuple algérien qui refusait un parti unique , beaucoup plus que pendant la guerre d’Algérie. C’est cette guerre d’indépendance, avec ses cruautés et ses horreurs de part et d’autre, qui a fondé l’identité algérienne. Les hommes sont ainsi faits !

Monsieur le Président, vous savez que la France forme de bons médecins, comme de bons enseignants. Vous avez choisi, avec votre premier ministre, de vous faire soigner par mes confrères du Val de Grâce. L’un d’eux, Lucien Baudens, créa la première Ecole de médecine d’Alger en 1832, insistant pour y recevoir des élèves autochtones. Ces rappels historiques vous inciteront, peut-être, Monsieur le Président, à reconnaître que la France vous a laissé un pays riche, qu’elle a su et pu forger, grâce au travail de toutes les populations, des plus pauvres aux plus aisées - ces dernières ayant souvent connu des débuts très précaires -. La France a aussi créé son nom qui a remplacé celui de Barbarie. Personne ne vous demandera de faire acte de repentance pour l’avoir laissé péricliter, mais comment expliquer que tant de vos sujets, tous les jours, quittent l’Algérie pour la France ?

En fait, le passé, diabolisé, désinformé, n’est-il pas utilisé pour permettre la mainmise d’un groupe sur le territoire algérien ? Je présente mes respects au Président de la République, car j’honore cette fonction.

Un citoyen français,
André Savelli,
Professeur agrégé du Val de Grâce.

 

 

Le 2 mars 2006

Lyautey, acteur majeur du devoir social 

 

La modernité à la française
Un article de Jacques de Saint-Victor dans Le Figaro du 2 mars 2006.
L’auteur  analyse un livre de Paul Robinow, anthropologue et historien américain : “Une France si moderne : naissance du social. 1800-1950”

........... En analysant la naissance de la «modernité française», de la fin de la Révolution jusqu'à l'aube des Trente Glorieuses, de 1800 à 1950, Paul Rabinow met l'accent sur l'importance de ce qu'il appelle le «laboratoire colonial» dans l'émergence de cette modernité à la française, si singulière quand on la compare à celle de sa concurrente d'outre-Manche.
Et, précise Rabinow, c'est dans ce contexte si particulier que l'aventure coloniale a pris tout son sens. Sous la houlette de certains grands administrateurs, comme Gallieni ou surtout Lyautey au Maroc, cette doctrine a su trouver son application naturelle. Rabinow insiste dans des pages passionnantes sur la singularité de l'aventure coloniale qui a su tirer les leçons des observations les plus avancées (notamment, depuis la grande crise de choléra de 1832 et les études de Villermé) pour élaborer des projets sociaux cohérents (sur le plan de l'urbanisme, de l'hygiène, des usages, etc.), en particulier dans la reconstruction de villes comme Rabat ou Casablanca ...............
 

 

Le 10 février 2006

Lyautey, acteur majeur du devoir social

 

Un article de Jean Birnbaum à lire dans Le Monde du 10 février 2006 analyse l’ouvrage de Paul Rabinow “Une France si moderne : naissance du social. 1800-1950”


Anthropologue et historien américain,enseignant à l'université de Berkeley  Paul Rabinow s'est fait connaître par ses travaux consacrés à Michel Foucault.
..... Au centre de ce livre dense, on trouve une enquête sur les origines de la planification à la française, telle qu'elle s'est d'abord déployée au sein de l'univers colonial. Rabinow analyse le rôle de quelques hommes aux vastes ambitions réformatrices, ces "techniciens des idées générales", dont Hubert Lyautey, Résident général lors du protectorat au Maroc de 1912 à 1925, fut la parfaite incarnation.......