Les écrits de Lyautey

 

Lyautey réédité pour son anniversaire en 2004

Présentation par le Colonel (er) Pierre GEOFFROY

 

(La liste des oeuvres de Lyautey figure à la fin de cet aricle - page 5) 

 

Voilà cent cinquante ans, le 17 novembre 1854, Hubert Lyautey naissait à Nancy où, quatre-vingts ans plus tard, au terme d’une vie bien remplie étaient célébrées ses funérailles nationales.

Certes, chaque année amène son lot d’anniversaires liés à des personnages illustres ou à des événements marquants. Mais pour beaucoup les années qui passent estompent progressivement et inexorablement leur souvenir.

Qu’en est-il pour le Maréchal Lyautey en ce début du XXIème siècle ?

 

Présence de Lyautey

A l’évidence, le prestige de cet homme d’exception, loin de subir l’érosion du temps, n’a fait que grandir. Soixante-dix ans après sa mort, il continue d'étonner, de fasciner, de susciter des questions. De fait, il exerce toujours une séduction sur tous ceux qui l’approchent par le biais de ses écrits, de ses réalisations ou des relations qui ont été faites de son épopée.
Historiens, hommes de lettres, témoins ou chercheurs, chacun a traduit avec sa sensibilité, son talent, souvent avec son sens critique et quelquefois avec son coeur le fruit de son travail. Au fil du temps et de plus en plus grâce à l’accès à de nouvelles archives, chacun a apporté un plus à la connaissance de cet humaniste dont le credo était le “devoir social”. Et ce n’est pas fini. Qu’on l’admire ou qu’on le critique, il reste présent dans les esprits et tout incite à en savoir davantage.
Parmi les raisons qui continuent de motiver cette curiosité, il en est trois qui s’imposent :
- la complexité du personnage, celle d’un homme de génie imprévisible ;
- la dimension, la puissance et l’audace de son oeuvre, celles d’un précurseur ;
- le message délivré à travers ses écrits et son exemple, celui d’un visionnaire qui demeure en harmonie avec notre temps.

 

Un personnage complexe et attachant

Personnage complexe, tout à la fois homme de pensée et homme d'action, l’intuition trouvait une large place dans son comportement, il pressentait souvent les événements. Avant tout conquérant des coeurs, il recherchait l’adhésion et préférait “montrer sa force pour en éviter l’emploi”. Il maîtrisait les situations les plus variés avec finesse, avec sagesse, avec passion, mais aussi sans faiblesse. Etre tourmenté, de son insatisfaction il avait fait une force illustrée par sa devise.

“La joie de l’âme est dans l’action”. Même pour ses proches, le Maréchal Lyautey est resté souvent insaisissable. Il refusait de se laisser enfermer dans des clichés et, selon sa formule, d’être “ceci ou cela, mais ceci et cela”.

 

Une oeuvre immense et variée

Il suscite aussi l’intérêt parce que son oeuvre est d’une variété exceptionnelle. Elle est indélébile, parce qu’elle fut essentiellement humaine et généreuse, et ses réalisations respectueuses de la tradition s’inscrivent dans une logique de prospective. C'est au Maroc que s'épanouit pleinement son génie créateur. Il y restera treize ans. Dans une conjoncture parfois difficile, souvent en désaccord avec le gouvernement, il fait des merveilles sans jamais se laisser arrêter par les difficultés. Tout à la fois, soldat, pacificateur, négociateur, administrateur, bâtisseur et urbaniste, protecteur des arts, il jette les bases du Maroc moderne en respectant son Sultan, ses forces traditionnelles, sa religion, son patrimoine culturel et architectural, avec le dessein avoué de l'amener à son indépendance dans les meilleures conditions. Mais, en France, son rêve d’accéder aux plus hautes fonctions pour régénérer l’Etat est resté inaccessible.

Le message d’un visionnaire

Il attire également parce que ses écrits poussent à la réflexion. Il ne donne pas de recettes, synonymes de paresse intellectuelle et de routine. La méthode Lyautey, c’est un état d’esprit, c’est une dynamique qui pousse à la recherche d’une méthode personnelle adaptée aux hommes et aux circonstances.

Le génie de Lyautey avait perçu avant l’heure la révolution économique et industrielle qui allait secouer le monde, mais aussi la révolution technologique qui suivrait. L’un de ses mérite est d’avoir attiré l’attention sur les problèmes sociaux qu’allait engendrer la société moderne et d’avoir proposé des solutions empreintes de tolérance, d’humanisme et de bon sens.

Ses paroles, ses écrits et l’esprit de ses réalisations peuvent se traduire en termes de message. Loin des élucubrations abstraites et stériles, son message est indissociable de son exemple.

Homme d'action résolument tourné vers l'avenir et vers la jeunesse qui en est l’espoir, Humaniste ayant un sens aigu du social, prônant sans cesse l'effort et la recherche de ce qui peut unir les hommes,

Européen convaincu depuis son adolescence,

Promoteur de l’amitié entre les peuples, à l’instar des relations franco-marocaines qu’il avait initiées,

Visionnaire des relations à instaurer avec le Maghreb, terre d’Islam,

Instigateur de la stratégie de dissuasion,

Homme de communication et de management avant la lettre,

Lyautey fut sans conteste un précurseur et un visionnaire. A bien des égards et sur des sujets importants, il le reste et il apparaît aujourd’hui comme une référence dans un monde en pleine mutation.

 

Le choix des textes réédités aux Editions Lavauzelle

En cette année d’anniversaire, l’Association Nationale Maréchal Lyautey a souhaité que soient réédités quelques ouvrages qui font défaut dans la bibliothèque de ceux qui s’intéressent ou souhaitent s’intéresser à la vie et à l’oeuvre de Lyautey. C’est chose faite grâce aux Éditions Lavauzelle soucieuses dans leur domaine de participer au devoir de mémoire et aux actions culturelles.
Le choix de ces ouvrages s’est porté sur des textes incontournables de Lyautey qui, rappelons-le, a été élu à l’Académie française. Ce sont : “Le rôle social de l’officier”, paru dans la Revue des Deux-Mondes du 15 mars 1891. C’est, en quelque sorte, l’entrée en scène du capitaine Lyautey qui a beaucoup lu, observé, réfléchi. Il expose sa conception du rôle social à l’intention des officiers, mais aussi de tous ceux qui assument des responsabilités humaines.
C’est à la fois un texte fondateur qui marque un renouveau de la pensée militaire et, à ce titre, a un caractère historique et c’est aussi un texte dont la richesse et la hauteur de vue lui permettent aujourd’hui encore de coller à l’actualité et demain de rester le vade-mecum des générations futures.
Lettres du Tonkin et de Madagascar (1894-1899) dans leur édition originale de 1920 en deux tomes. Plus qu’un journal de marche, ces lettres nous font vivre l’évolution d’un Lyautey curieux de tout, assoiffé d’action, qui découvre la vie coloniale, une passion qui ne le quittera plus. Au Tonkin, il fait son apprentissage sur le terrain à l’école de Gallieni et au contact avec les problèmes civils et militaires d’un haut niveau comme collaborateur du Gouverneur Général de l’Indochine. A Madagascar, fort de son expérience et servi par sa passion et son génie créateur, il obtient des résultats probants en “créant de la vie” et en organisant les régions qu’il a pacifiées.
En conclusion de ce livre, Lyautey a repris le texte de sa conférence sur le “Rôle colonial de l’Armée” qui avait été publié en 1900.
Paroles d’action”, un recueil de textes clés publié en 1927. Lyautey a choisi avec beaucoup de soin, parmi tant d’autres, des textes de discours et d’allocutions à thèmes prononcés dans les circonstances les plus diverses qui ont jalonné son parcours entre 1900 à 1926
A défaut de “Mémoires” qu’il s’était refusé à écrire ces textes contribuent à transmettre son message. S’agissant de discours, ce pourrait n’être que des paroles en l’air, mais ce sont bien des paroles qui parlent d’action et mènent à l’action, son souci constant. C’est le message dynamique d’un visionnaire sur des thèmes qui nourrissent encore l’actualité.

 

Puisse la réédition de ces ouvrages satisfaire la curiosité de ceux qui les liront ou les reliront et nourrir leurs réflexions. En tout cas, ils retrouveront, au fil des pages, l’illustration de cette phrase de Lyautey :
“L'homme qui vaincra sera celui qui a toujours devant lui un idéal, qui aime l'action pour l'action, qui sans cesse s'ingénie, veut le mieux, s'efforce, ne ménage pas sa monture, cherche midi à quatorze heures ; qui, fut-il boiteux, quitte le logis; qui, grenouille, osera se faire aussi gros que le boeuf ! Peut-être en crèvera-t-il,
mais il aura vécu !.”

                                                                                A Thorey-Lyautey, le 17  février 2004.

 

 

A propos du "Rôle social de l'officier"

 

Le contexte de sa publication et ses rééditions

 

Dans son numéro du 15 mars 1891, la “Revue des Deux-Mondes” publiait un article intitulé “Du rôle social de l’officier dans le service universel” qui fait l’effet d’une bombe, tant il parait révolutionnaire.
A cette époque le capitaine Lyautey, âgé de 37 ans, commande le 1er escadron du 4ème Chasseurs à Saint Germain-en-Laye depuis le 19 novembre 1887. Préoccupé depuis longtemps par les problèmes sociaux, il a mis en pratique sa conception du “rôle social de l’officier” et, bien vite, son unité est réputée l'escadron modèle de l’Armée française. Esprit brillant, son besoin de connaître, de comprendre, d'agir, de se mêler à tous les événements de la vie sociale s'exprime aussi en dehors de son service. On le recherche pour sa conversation, sa culture étendue, ses idées novatrices et il est fréquemment invité dans les salons parisiens.

Il y fait la connaissance d’Eugène-Melchior de Vogüé (1848-1910), écrivain rendu célèbre à partir de 1886 par la publication du "Roman russe" et rédacteur à la “Revue des Deux-Mondes” Celui-ci demande à Lyautey des éléments pour faire un article sur ses idées et sur le style de commandement nouveau qu’il pratique. Emballé par le texte fourni, il le soumet à Brunetière, secrétaire de rédaction et à Buloz, directeur de la revue. Tous conviennent que le texte de Lyautey a toutes les qualités pour être publié après atténuation de quelques critiques trop incisives à l’égard du système en place. Il est convenu que le texte ne sera pas signé pour éviter des ennuis à Lyautey tenu au droit de réserve : anonymat illusoire et vite dévoilé.
Le bruit fait autour de l’article compte pour beaucoup dans la décision d’éloigner Lyautey. Il est muté en Indochine, alors qu’il n’appartient pas aux troupes coloniales. Cette décision marque un tournant décisif dans sa carrière, car à l’école du Colonel Gallieni, il va découvrir sa vocation coloniale, une passion qui ne le quittera plus. Le texte a fait l’objet d’un tiré à part dés 1891 et il faut attendre 1935, puis 1940 pour une réédition avec une préface du Général Weygand. Une nouvelle réédition voit le jour en 1946 avec une préface du futur Maréchal Juin. Ensuite, il n’y a plus que des tirages à l’intérieur des écoles militaires pour leurs élèves. En 1984, pour le cinquantenaire de la mort de Lyautey, l’Association Nationale Maréchal Lyautey, fondée en 1980, fait faire une réédition avec les deux préfaces précédentes, suivie de trois nouveaux tirages les années suivantes.

 

En 1994, pour une nouvelle réédition, la préface est de Mr Léotard, Ministre de la Défense.

 

En 2004,, l’Association a sollicité une préface du Général d’Armée Henri Bentégeat, alors Chef d’Etat-major des Armées. Nul n’était plus qualifié que celui qui était à la tête des Armées de Terre, de Mer, et de l’Air pour présenter le sens du “Rôle social de l’officier” dans le contexte nouveau d’une Armée française professionnalisée.


Lyautey à Saint Germain en Laye (1891)
Lyautey à Saint Germain en Laye (1891)

 

 

La réédition de 2004

 

Le Rôle social de l'officier
Le Rôle social de l'officier
 

4ème DE COUVERTURE 
de la réédition du "Rôle social de l'officier" chez Lavauzelle 2004

   

Qui aurait imaginé que “Le Rôle social de l’officier” serait encore d’actualité plus d’un siècle âpres sa parution et qu’il conserverait sa portée universelle ?

“Rien de ce qui est humain ne m’est étranger” disait son auteur, le capitaine Lyautey, plus tard élu à l’Académie française et futur maréchal de France.

Pour convaincre les éducateurs et les cadres de la nation de la nécessité du devoir social, il lui paraissait évident de s’adresser d’abord à ses pairs. Les idées novatrices, qu’il avait déjà mises en pratique, font l’effet d’une bombe et certains le traitent “d’officier révolutionnaire”

Le “Rôle social de l’officier” témoigne de la clairvoyance de Lyautey qui avait perçu avant l’heure les problèmes sociaux qu’allait engendrer la société moderne. Il nous livré des pistes de réflexion toujours actuelles pour toutes celles et tous ceux qui exercent des responsabilités humaines.

Aujourd’hui, à chacun d’adapter les principes de base énoncés en fonction des hommes et des circonstance pour viser au meilleur style de commandement pour les militaires, style de management ou style d’enseignement pour les autres : question de vocabulaire certes, mais question d’humanisme avant tout.

                                                                                               

 

PRÉFACE

 

de la réédition de 2004 du "Rôle social de l'Officier"

 

                                                                           Paris, le 15 mars 2004

 

Parmi les personnages qui ont été à la source de ma vocation militaire, Hubert Lyautey, maréchal de France, dont le portrait orne mon bureau, occupe une place toute particulière et symbolise l'image de l'officier dans toute sa plénitude et toute sa grandeur.
L'usure du temps et l'évolution de notre monde sont restées sans effets sur une œuvre qui a conservé toute sa pertinente actualité et justifie pleinement les propos du général de Gaulle lors du retour de ses cendres aux Invalides, le 10 mai 1961, « le maréchal Lyautey, n'a pas fini de servir la France ».
En effet, la vie d’Hubert Lyautey peut et doit encore servir de modèle et de référence à tous les officiers.
Mais la grandeur de son oeuvre dépasse largement le cadre militaire et devrait inspirer tous les responsables et dirigeants.
Résumer en quelques mots l'action du maréchal Lyautey semble impossible. Disons très simplement que c'est celle d'un authentique « visionnaire ».
Pour étayer mon propos, je m'appuierai sur les trois facettes de son oeuvre qui me paraissent être les plus représentatives : sa conception du style de commandement, son idée du métier d'officier et sa vision du rôle de la France dans le monde.
En relisant « Le rôle social de l'officier », une première évidence s'impose : ce livre écrit il y a plus de cent ans et rédigé dans le contexte d'une armée de conscription à l'horizon de pensée et d'emploi fixé sur la seule ligne bleue des Vosges, n'a pas pris une ride.
Ainsi, et cela peut paraître étonnant, il reste une référence exemplaire pour le style de ²commandement que nous enseignons et cherchons à faire appliquer par tous nos cadres. Or, à l'inverse de l'armée dans laquelle évoluait le capitaine Lyautey à la fin du siècle dernier, la notre est aujourd'hui entièrement professionnalisée, engagée en permanence et chaque homme y acquiert très rapidement une expérience opérationnelle.
Et pourtant, il n'y rien à ajouter aux préceptes qu'il exposait déjà en 1891, tout y est : la responsabilité première du chef vis-à-vis de ses hommes qui dépasse de loin la seule formation technique et qui ne peut se réaliser pleinement que dans le cadre plus large d'une formation à la vie et dans le service d'une cause qui dépasse l'individu mais à laquelle chacun souscrit librement. L'adhésion du subordonné au chef qui ne se demande pas mais qui s'obtient d'elle-même par l'exemplarité du comportement et par la reconnaissance de chacun en tant qu'individu porteur d'un projet.
Relisons ce qu'écrivait le jeune officier, alors commandant d'escadron au 4ème régiment de chasseurs à cheval : « on ne commande bien que ceux que l'on aime ». Cela peut en première approche faire sourire. Mais nos jeunes officiers engagés en opérations à travers le monde le savent bien et le vivent au quotidien. Seule l'adhésion du coeur permet au chef de compter sur chacun de ses hommes dans les moments extrêmes. Or les principes nécessaires à cette osmose, c'est à dire la connaissance des hommes, le sens du contact et du dialogue, le don de soi, et le sens de la responsabilité expliquée et partagée, sont déjà énoncés par le capitaine Lyautey en 1891.
On retrouve également le « visionnaire » dans la conception qu'avait Hubert Lyautey du métier militaire. Il a été écrit qu'en offrant à l'officier une nouvelle vision de son rôle et de sa fonction, il avait fondé l'armée de la République. J'ajouterai qu'il y a plus d’un siècle, il dessinait déjà l’image idéale de l'officier du XXIe siècle.
En effet, en écrivant « celui qui n'est que militaire n'est qu’un mauvais militaire », il pressentait déjà clairement ce que seraient les évolutions de notre métier et que l'officier ne pourrait plus jamais se contenter d'être le simple acteur de savoir-faire techniques.
Depuis la fin de la guerre froide et l'effondrement du bloc soviétique, nos armées sont engagées en permanence dans la gestion et le règlement de crises, toutes différentes les unes des autres. De plus en plus, nos cadres exécutent des missions où l'intelligence de situation s'avère essentielle et indissociable de la connaissance des savoir-faire militaires et où l'initiative est de règle jusqu'aux échelons les plus bas. En outre, ces opérations ne se déroulant que rarement dans un contexte purement militaire, ils doivent agir dans des situations complexes, au milieu
des acteurs les plus divers, tels que les médias, les ONG ou la population locale. Ainsi à l'image du jeune Lyautey, l’officier, pour faire face à ces nouveaux défis, doit être « curieux » de tout et chercher en permanence à élargir sa vision du monde pour mieux comprendre les attentes et les besoins des autres. Enfin, je voudrais terminer en évoquant l'aspect qui est sans doute le moins militaire, au sens étymologique du terme, de sa carrière.
C'est pourtant le plus grand, puisqu'il s’agit de la vision qu'avait Hubert Lyautey du rôle la France dans le monde.
Là aussi seul avant beaucoup d'autres et ce fut en partie l'objet de son rappel en France, « Lyautey le visionnaire » avait compris que l'image de la France ne pouvait être que généreuse et que l'adhésion de peuples, autrefois colonisés, ne pouvait se faire que par un partenariat équilibré où chacun apportait à l'autre ce qui lui faisait défaut.
Le souvenir de « Lyautey l'Africain » est encore partout présent et vénéré au Maroc.
Bien sûr, c'est l'héritage des multiples réalisations qui ont contribué à créer ce Maroc moderne et indépendant que nous connaissons, mais ce n'est pas l'essentiel. Je suis également convaincu que son image est ancrée dans le souvenir collectif, car il savait respecter les autres et avait compris que seul un dialogue équilibré entre les hommes de différentes cultures permettait l'apprentissage de l'altérité.
Écoutons ce qu'il écrivait de manière prémonitoire, peu de temps avant son départ de Rabat en 1925, sur l'avenir des relations entre la France et le Maroc, au delà de l'indépendance qu'il considérait déjà comme inéluctable: « Il faut qu'à ce moment là, et ce doit être le but suprême de notre politique, cette séparation se fasse sans douleur et que les regards des indigènes continuent toujours à se tourner avec affection vers la France. Il ne faut pas que les peuples africains se retournent contre elle. A ces fins, il faut dès aujourd'hui nous faire aimer d'eux »
Il transposait ainsi au niveau des populations dont notre pays assumait la responsabilité les principes qu'il avait développés pour le commandement des hommes. En cette époque où notre monde ébranlé cherche un équilibre nouveau, quelle belle leçon de sciences politiques à destination de tous les dirigeants des pays riches dont nous faisons partie !
Il est donc bien vrai que le maréchal Lyautey n'a pas fini de servir ce pays, notre pays, auquel il a consacré toute sa vie.
Et c'est précisément parce qu'il est l'homme d'un rêve inachevé que son message est encore si fort et mérite d'être entendu et compris de tous !
Son exemple reste entier et c'est pourquoi je souhaite que le souvenir de cet homme d'exception, visionnaire dans tant de domaines, soldat, bâtisseur, écrivain, diplomate et avant tout officier français, puisse inspirer encore longtemps de nombreuses générations et les guider sur la voie de l'honneur et du service de notre pays.


Général d’armée Henri BENTEGEAT
Chef d'état-major des armées

 

 

Une réédition enrichie de textes se rapportant au
“Rôle social de l’officier”
choisis et présentés par le Colonel (er) P. Geoffroy


Dans cette réédition de 2004, préfacée par le Général Bentégeat, le texte intégral du "Rôle social de l'officier" par Lyautey est complété par un dossier d'accompagnement comprenant
1 - une biographie succincte du Maréchal Lyautey et plusieurs documents :
2 - une lettre de Lyautey faisant part à sa soeur qui était, sa confidente, des réflexions que lui inspirent “à chaud” les réactions à la parution de son article sur le rôle social de l'officier.

3 - un texte d’André Le Révérend qui expose comment Lyautey a su tirer profit de la notoriété conférée par son article.
4 - un article de Robert Garric, qui, à propos du “Rôle social”,décrit l’intérêt et l’implication de Lyautey depuis 1922, pour les Équipés sociales qu’il a crées.
5 - un article de Georges Lamirand exposant comment Lyautey l’a inspiré et poussé à écrire “Le rôle social de l’ingénieur” (1932), qui sera préfacé par Lyautey.
6 - la lettre-préface écrite par Lyautey pour “Le rôle social de l’ingénieur”.
7 - un texte écrit en 1947, par le Général Leclerc qui érige en symbole l’Homme, le Chef, qu’à ses yeux était le Maréchal Lyautey.
8 -  En rapport avec ce qui précède, quinze citations de. Lyautey qui avait l’art de la formule. En quelques mots bien frappés, il énonçait  clairement ce que d’autres auraient expliqué sur plusieurs pages.

 

 

LES ŒUVRES PUBLIÉES DE LYAUTEY


"Du Rôle Social de l'officier dans le service universel". Revue des Deux Mondes. du 15 mars 1891, et tirage à part.
- Réédition avec une préface du Général Weygand. Plon. 1935, in-12, IX-56 p.
- Réédition avec une préface du Cénéral Juin. Julliard 1946,in 12, 29-lllp.et incluant les textes suivants  “Du Rôle Colonial de l'Armée" (1900), "Causerie du capitaine Lyautey aux Cadres du ler escadron du 4ème Chasseurs" (1891), "Instructions du Colonel Lyautey aux officiers du 14e Hussards" (1903).


- Rééditions avec les préfaces de 1935 et 1946 et des documents annexés;

dont le discours prononcé le 10 mai 1961 par le Général de Gaulle pour l'accueil aux Invalides des cendres du Maréchal Lyautey exhumées du mausolée de Rabat où il reposait depuis 1935. Albatros. 1984, 1989 et 1992.
- Réédition avec une préface de François Léotard. et un avant-propos de Pierre Geoffroy. Bartillat. 1994.
- Réédition avec une préface du Général d’Armée Henri Bentégeat et un dossier d'accompagnement présenté par le Colonel Pierre Geoffroy. Lavauzelle. 2004.

Version PDF à demander au webmaster


"Du Rôle Colonial de l'Armée". Revue des Deux Mondes. 15 janvier 1900, et tirage à part. A. Colin, in-16, 40 p.

Ce texte se trouve également :

- en conclusion des "Lettres du Tonkin et de Madagascar"  

- dans la réédition du "Rôle social de l'officier", Julliard 1946

- en annexe de "Principes de pacification du Maréchal Lyautey" Editeur : ECONOMICA, 2010.


"Dans le Sud de Madagascar". Pénétration militaire, situation politique et économique (1900-1902)". Lavauzelle. 1903.

 

"Discours de Réception à l'Académie Française" (8 juillet 1920). Librairie Académique Perrin. 1921. 45 p.


"Le Retour des drapeaux". Les Amis d'Edouard. Champion 1920, in-16, 23 p. hors commerce.


"Lettres de Rabat" (1907). Revue des Deux Mondes. 15 juillet 1921. pp. 273-304.


"Lettres de Grèce et d 'Italie" (1893). Revue des Deux Mondes. du 15 février. du 1er Mars. et du 15 Mars 1921.


"Lettres du Tonkin et de Madagascar (1894-1899)". A. Colin. 1920. in-8°, X-. en 2 tomes, incluant in fine  "Du Rôle colonial de l'Arrnée".
- Réédition "Lettres du Tonkin et de Madagascar (1894-1899)".A. Colin. 1921. in-8°, X- 666 p. en 1 volume, incluant in fine  "Du Rôle colonial de l'Arrnée"
- Réédition "Lettres du Tonkin et de Madagascar (1894-1899)". Lavauzelle. 2004. in-8°, en 2 tomes, incluant in fine  "Du Rôle colonial de l'Arrnée"

 

"Hommage d'un Lorrain à un Lorrain" (Lyautey à Barrès). Les Amis d'Edouard. Champion 1923, in-16, 25 p. hors commerce.

      
“Instructions permanentes” données par le Maréchal Lyautey au sujet des Constructions Militaires au Maroc. Imprimerie du Service Géographique du Maroc. Rabat. 1925.


"Discours prononcé au 5e Dîner de la Revue des Deux Mondes". Supplément à la Revue. Ier janvier 1926. pp. 1-12

.      
"La réunion de la Lorraine à la France". Plon 1926, in-16, 111-53 p.


"Lettres d 'ltalie" (1883-1893). Les Horizons de France. 1929, in-12, V-117 p.


"Paroles d'Action" Madagascar, Sud-Oranais. Oran. Maroc. (1900-1926). Préface. de Louis Barthou. A. Colin 1927, in-8°, XXX11479 p
- Réédition . Imprimerie Nationale. 1995. Présentation par Jean-louis Miège.
- Réédition. Lavauzelle. 2004.


"Défense et illustration de l'Art au Maroc". La marche de France. mai 1928. pp. 280-83.


"Eloge de l'Elite". Allocution aux "Amis des Etudiants français". Revue Hebdoma daire, 12 juillet 1930, pp. 212-220.


"Lettres de Jeunesse. Italie ~1883). Danube, Grèce, Italie ~1893)". Grasset. 1931 in-12 , 14-268 p.
"Quelques lettres inédites écrites a V. Barrucand". Dépêche algérienne. 9 17 décembre 1934.


"Lettres du Sud de Madagascar (1900-1902)". A. Colin. 1935, in-8, 316 p.
"Voyage en Espagne" (Oct. 1913). Revue des Deux Mondes. 15 juin 1935. pp. 793-823.


"Vers le Maroc. Lettres du Sud-Oranais ~1903-1906)". A. Colin, 1937, in-8°, 350 p


"Notes quotidiennes" (1875-77) in "Rayonnement de Lyautey", de Patrick Heidsieck. Gallimard 1941,

- Réédition 1947 in-12 pp. 26-98.


"Choix de Lettres (1882-1919)" présenté par le Lieutenant-Colonel Paul de Ponton d'Amécourt. A. Colin 1947, in-12, Vl-321 p.


"Lettres d'aventures (1883-1913)" présentées par Raymond Dumay, Julliard 1948, in-12, 251 p.
"Correspondance inédite" entre les généraux Lyautey et Couraud. (7 sept. 1912  19 janv. 1913). Revue Historique de l'Armée. 8e année. n 2. juin 1952. pp. 13-19.


"Lyautey l'Africain ~1912-1925). Textes et Lettres" présentés par Pierre Lyautey. 4 vol. Plon 1953-1957, in-12 .


"De Moungar à Oudjda. Lettres inédites du Cénéral Lyautey au Colonel Reibell (1903-1907)". Ed. par Jean Brunon, Vert et Rouge. Revue de la Légion Etrangère. Marseille pp. 13 -37.


"Les plus belles lettres de Lyautey"  présentées par Pierre Lyautey. Calmann-Lévy, 1962, in-12, 18  157  p.

- Réédition. Lavauzelle. 2004.

 

Lyautey" Lettres marocaines et autres écrits", suivis de textes sur Lyautey.

Les lettres marocaines contiennent les "Lettres de Rabat" (1907)
Présentation par J-P Péroncel-Hugoz dans la collection "Bibliothèque Arabo-Berbère qu'il dirige, Casablanca, Ed. La Croisée des chemins, 2010, 240 pages. Diffusé en France par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir